
Lomé, 28 septembre 2026 : La filière manioc togolaise franchit une nouvelle étape dans sa dynamique de développement des marchés. Une rencontre de mise en relation commerciale entre les acteurs togolais de la filière manioc et de l’Interprofession Manioc du Burkina Faso s’est tenue à Lomé, avec pour ambition de transformer une opportunité commerciale identifiée au niveau sous-régional en engagements d’affaires concrets.
Organisée dans le cadre du Projet de Promotion des Filières Horticoles au Togo (PROFIT), mis en œuvre par Lutheran World Relief (LWR) de Corus International avec l’appui du Département de l’Agriculture des États-Unis d’Amérique (USDA), cette rencontre a réuni les représentants des interprofessions, des entreprises structurantes, des transformateurs, des producteurs, des commerçants ainsi que de plusieurs partenaires institutionnels et techniques.
Cette rencontre trouve son origine dans une opportunité commerciale révélée lors de la participation de l’Interprofession Plantes à Racines et Tubercules du Togo à la Foire de l’Innovation et de la Technologie de l’Agroalimentaire du Manioc et de ses Dérivés (FITAMD), organisée au Burkina Faso du 16 au 18 avril 2026 avec l’appui du PROFIT.
À cette occasion, l’Interprofession Manioc du Burkina Faso a exprimé, par l’intermédiaire de son homologue togolais, un besoin estimé à 80 000 tonnes de pâte de manioc. Une demande qui représente une perspective commerciale significative pour les entreprises structurantes, les coopératives et les unités de transformation togolaises disposant de capacités adaptées.
L’enjeu de la rencontre était donc clair : rapprocher l’offre togolaise d’une demande réelle du marché burkinabè, mieux cerner les exigences de l’acheteur et poser les bases d’une relation commerciale durable.


Les échanges ont notamment porté sur les volumes disponibles, la qualité des produits, les prix, les capacités de transformation, le conditionnement, les délais et les modalités de livraison. Cette démarche doit permettre d’identifier les acteurs togolais en mesure de répondre aux besoins exprimés et de favoriser, lorsque les conditions sont réunies, la conclusion d’engagements ou d’accords commerciaux.
Au-delà du volume annoncé, les échanges ont mis en évidence une réalité essentielle : l’accès au marché constitue un levier déterminant pour la structuration et la compétitivité des filières agricoles.
Dans son intervention, le président du Conseil Interprofessionnel de la Filière Plantes à Racines et Tubercules (CIFPRT), Komla EVIWOUNOU, a souligné l’importance de cette mise en relation pour permettre aux acteurs de mieux organiser leurs activités autour des exigences du marché. Il a notamment appelé les différentes parties prenantes à conjuguer leurs efforts et à privilégier un dialogue ouvert afin de trouver ensemble des réponses aux défis de la filière.
Cette orientation rejoint l’approche portée par le projet PROFIT, qui intervient notamment sur le renforcement des capacités des producteurs, transformateurs et commerçants, le développement des marchés, l’appui institutionnel et l’accès au financement. Le projet met également l’accent sur la qualité, les bonnes pratiques de transformation, la traçabilité et l’adaptation de l’offre aux besoins spécifiques des acheteurs.
Pour Koffi KOUMAKO, responsable du développement des affaires à LWR/PROFIT, la dynamique engagée doit notamment permettre aux acteurs de mieux se préparer à répondre aux exigences des marchés. La qualité, le respect des normes, la traçabilité et la sécurisation des débouchés figurent ainsi parmi les principaux défis à relever collectivement.
Représentant le Directeur de l’Entrepreneuriat et du Financement Agricole (DEFA), Gael AFANAHIN, ingénieur agronome à la DEFA, a rappelé l’importance de cette initiative dans la dynamique de transformation de l’agriculture togolaise en un secteur moderne, compétitif, créateur de valeur et d’emplois.
Selon lui, cette rencontre s’inscrit dans le prolongement de l’atelier de préparation du contrat tenu le 18 septembre 2026 au cabinet du ministère chargé de l’Agriculture. Elle traduit également la volonté de renforcer les échanges commerciaux et l’intégration économique au sein de l’espace sous-régional.
« Le défi qui se dresse désormais devant nous n’est plus seulement de produire, mais de structurer nos relations d’affaires et de garantir la régularité des flux commerciaux », a-t-il relevé, mettant en avant les exigences liées à la qualité, aux volumes et à la logistique.
Le ministère chargé de l’Agriculture, aux côtés du ministère délégué chargé du Commerce et du Contrôle de la qualité, entend ainsi apporter l’appui institutionnel nécessaire à la facilitation des échanges transfrontaliers. L’objectif est également de contribuer à l’émergence d’entreprises agricoles viables et de faciliter leur accès aux mécanismes de financement.
La rencontre a accordé une place centrale aux échanges directs entre acheteurs et fournisseurs. Après la présentation des besoins de l’Interprofession Manioc du Burkina Faso et des capacités des acteurs togolais, des séances B2B individuelles ont permis d’approfondir les discussions commerciales.
Ces échanges constituent une étape importante vers la concrétisation des opportunités identifiées. Ils doivent notamment permettre de préciser les volumes, les prix, les conditions de livraison et les autres paramètres nécessaires à une éventuelle contractualisation.
Les TDR de la rencontre prévoient également un accompagnement post-rencontre pour assurer le suivi des contacts, la transmission d’échantillons, la confirmation des volumes et des prix et, le cas échéant, la formalisation des contrats.
À travers cette initiative, la filière manioc togolaise se trouve ainsi face à une opportunité qui dépasse la seule perspective d’un marché ponctuel. Elle ouvre une réflexion plus large sur la capacité des acteurs à produire davantage, mieux transformer, garantir la qualité et surtout construire des relations commerciales durables avec les marchés de la sous-région.
La rencontre de Lomé illustre ainsi la nécessité de rapprocher davantage production, transformation, financement et marché pour accélérer la compétitivité des chaînes de valeur agricoles.
Pour le Togo comme pour le Burkina Faso, la démarche constitue un espace de dialogue, de coopération et de développement d’affaires autour d’une filière à fort potentiel. Elle traduit surtout une conviction partagée : la création de valeur agricole passe désormais par la capacité à répondre efficacement aux besoins des marchés et à bâtir des partenariats commerciaux structurés.
Avec l’accompagnement du ministère en charge de l’Agriculture, du projet PROFIT et des différents partenaires techniques, les acteurs togolais sont appelés à consolider leurs capacités et à saisir les opportunités offertes par les marchés nationaux et sous-régionaux.
La prochaine étape sera désormais de transformer les échanges en engagements commerciaux concrets, puis ces engagements en flux réguliers de produits, de revenus et d’emplois au bénéfice des acteurs de la filière manioc et, plus largement, de l’économie agricole togolaise.