Dans le contexte des changements climatiques et face à la dégradation accrue des terres agricoles, les pratiques agroécologiques se révèlent être une option durable pour améliorer la fertilité et la diversité des agroécosystèmes locaux.
Pour se faire, le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) soutient la production et l’utilisation d’intrants agroécologiques à travers la mise en place des unités de production et de distribution d’intrants agroécologiques composés de composteur modélisé et d’équipement modélisé de biopesticides.
En effet, le FSRP a formé en 2023 avec l’appui techniques de la Coordination togolaise des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles (CTOP), 4103 agriculteurs travaillant sur 60 Zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP) sur les pratiques agroécologiques et de gestion durable des terres.
Cependant, l’adoption des pratiques par les exploitants après la formation a révélé un besoin en équipement pour la fabrication d’intrants agroécologiques notamment le compost et les biopesticides afin de satisfaire les besoins des producteurs et augmenter la capacité de production pour couvrir de grandes superficies. C’est ainsi que le FSRP a acquis, des composteurs modélisés au profit des producteurs installés sur 6 ZAAP identifiées dans chaque région agricole du pays.
A l’issue de l’acquisition desdits équipements, les producteurs des ZAAP sont formés à leurs utilisations. Une formation pratique qui a regroupé en moyenne 20 producteurs par ZAAP, soit 120 producteurs sur les 06 ZAAP identifiées.

La formation a consisté à faire connaitre aux producteurs les différentes matières biodégradables qui rentrent dans la fabrication du compost ainsi que ses étapes essentielles. Il s’agit de la paille (découpée ou broyée), du fumier sec de bœuf ou des fientes de volailles, des coquilles d’œuf, du charbon réduit, de l’argile rouge, de la farine de poisson, de la cendre, de l’eau de la mélasse. Ces matières premières sont ensuite chargées par couche dans le composteur (jusqu’au ¾ du volume du composteur) puis arrosé avec une quantité suffisante de mélasse et fermé. Les matières ainsi chargées devront être retournées au 5ème, 8ème et 11ème jour ; s’ensuit le déchargement au 14ème jour. Le compost obtenu est donc mature et doit être conservé dans les sacs de jutes en à un endroit sec et aéré pour être enfin utilisé sur les parcelles.
Contrairement aux anciennes méthodes, le composteur modélisé permet d’optimiser les besoins en apport additionnel d’eau pendant la décomposition. Grâce à cette méthode, le temps de fabrication du compost est considérablement réduit passant de 1 mois à 2 semaines avec le composteur qui permet de produire 1,5 tonnes de compost en 2 semaines, utilisable sur 1 hectare. Pour les bénéficiaires, c’est un grand soulagement que le FSRP leur apporte. A en croire dame Yawa Sonou, productrice sur la ZAAP de Momé Hagou, ce matériel du FSRP nous donne plus d’assurance et nous renforce dans notre travail. Avant on ne savait pas qu’on pouvait utiliser certaines plantes pour faire du compost ou du bioprotecteur. Mais aujourd’hui non seulement nous sommes équipées, mais nous sommes formées à une meilleure exploitation des matières pour avoir du compost de qualité et en temps record. Tous ces enseignements vont beaucoup nous aider. Je remercie le FSRP et la CTOP pour cet appui. A-t-elle conclu !
