Dans de nombreuses localités rurales, la vulnérabilité des exploitations agricoles et les faibles opportunités de revenus demeurent des défis majeurs, accentués par les effets de plus en plus marqués du changement climatique. Pour y répondre, le FSRP-Togo fait de l’agroforesterie un levier de renforcement de la résilience des exploitations agricoles en adoptant une démarche participative à travers l’élaboration des Plans de Gestion Intégrée des Paysages (PGIP). Les consultations menées avec les producteurs, les organisations communautaires, les autorités locales et les services techniques ont permis d’identifier comme priorité le développement de systèmes de production intégrant des espèces fruitières et forestières à forte valeur économique et nutritionnelle.
Dans cette perspective, le projet a acquis 22 200 plants améliorés mis à la disposition des communautés rurales pour couvrir une superficie de 220 hectares, répartie dans les 17 cantons des zones de Gestion Intégrée des Paysages (GIP) des régions des Savanes, de la Centrale et des Plateaux-Est. Parmi eux figurent le manguier Kent greffé, l’oranger Hamlin greffé, le goyavier greffé, le baobab (greffé et non greffé), le tamarinier greffé, le jujubier greffé, le citronnier, l’anacardier, le parkia (néré) greffé, ainsi que le Khaya senegalensis, le neem, le Cassia siamea, le teck et le néré.
Le choix de ces espèces répond directement aux attentes exprimées par les producteurs :
- Les arbres fruitiers offriront de nouvelles perspectives de revenus et contribueront à améliorer la sécurité alimentaire, tandis que
- les essences agroforestières et forestières participeront à la régénération des sols, à la conservation de l’eau, au renforcement de la biodiversité et à l’amélioration durable des paysages.
Sur le plan environnemental, leur intégration dans les exploitations renforce les services écosystémiques indispensables à une agriculture durable et accroît la résilience des exploitations face aux changements climatiques.
- Un levier d’autonomisation économique
Les espèces fruitières et forestières occupent une place essentielle dans les moyens d’existence des communautés rurales, particulièrement des femmes qui assurent leur collecte, leur transformation et leur commercialisation. Les produits dérivés de certaines espèces, tels que le beurre de karité, les produits alimentaires issus du baobab ou du néré et d’autres produits transformés, constituent d’importantes sources de revenus tout en contribuant à la sécurité alimentaire des ménages.
À travers cette initiative, le ministère en charge de l’agriculture via le FSRP-Togo apporte une réponse concrète aux priorités exprimées par les producteurs dans les PGIP.
En associant espèces fruitières améliorées et produits forestiers non ligneux, le projet crée les conditions d’une agriculture plus productive, d’une économie rurale plus dynamique et des paysages durablement restaurés au bénéfice des communautés.